Salut à tous!
Vous êtes encore nombreux à venir visiter ce blog chaque jour, alors encore merci! Merci de vous ranger du côté de ceux qui se soucient de la cause des enfants de ce monde, merci de vous ouvrir aux autres, merci d'avoir la force de prendre conscience des maux de notre monde...
Aujourd'hui je vais un peu vous parler de mon voyage en
Afrique du Sud cet été. J'ai passé trois semaines au Cap, et j'ai pu visiter les alentours... mon avis est très mitigé! Je m'imaginais une cité coloniale modèle de tolérance et de mixité, où regnerait l'équité entre Blancs et Noirs, solidaires d'un passé affreux que tout le monde voulait oublier, une véritable Rainbow Nation. Eh bien je peux vous dire que j'ai vite compris que cette utopie était bien différente de la réalité...
Dans les beaux quartiers de la ville, il y a de jolies maisons, et dans les rues adjacentes des petits blondinets qui, parfois, sortent le bout de leur nez, mais toujours accompagnés. Des jeunes? Très peu... Mais imaginez vous vivre dans des maisons à barricades, portails électrifiés, barbelés, grilles de protection reliées à des systèmes d'alarmes ultra-performants... Les parents ont peur de ce qui pourraient arriver à leurs enfants dans une ville aussi dangeureuse que celle du Cap, alors les petits vivent en partie enfermés. Une tranquillité d'esprit, certes, mais ne pensez-vous pas que les enfants peuvent en souffrir? Bien sûr ils ont une belle maison, une famille aimante, l'accès au soin, etc., mais ils vivent dans une
prison dorée, en quelque sorte... Je ne sais pas s'il y a beaucoup de mixité entre les enfants, en tout cas tout ce que je sais c'est que lorsque les Blancs et les Noirs se mélangent, même le temps d'une promenade au bord de la plage, c'est plutôt mal vu...
(aussi bien par les Noirs que les Métissés et les Blancs)Mais les enfants Noirs ou Métissés dans tout ça, où sont-ils? Disséminés dans la ville, évidemment, il y a d'ailleurs un très beau quartier musulman, très propre et haut en couleurs, mais aussi en périphérie, dans les
townships,
bidonvilles en français. Dans ces quartiers pauvres, j'ai rencontré avec d'autres jeunes un père de famille fier de nous faire visiter sa "maison", qui comportait
une unique pièce, avec un lit, une petite table, une étagère, et puis un poste de musique, pour égayer les journées. Les petits dansaient d'ailleurs avec joie sur les rythmes locaux endiablés, ravis de pouvoir partager leur culture... Ils nous suivaient à la trace, cherchaient de la tendresse, des signes d'affection... Je me souviens du regard d'une petite qui nous prenait dans ses bras, empli de joie timide, mais qui a tourné à la tristesse et à l'incompréhension lorsqu'elle a vu que nous devions partir. Elle n'a pas dis un mot, elle a juste arrêté sa course derrière nos pas quand elle a compris qu'elle ne s'en irait pas avec nous... elle allait retrouver ses planches de bois et ses fils de fer ; sa "maison". Elle allait aussi surement retrouver un père ou une mère ivre, car là-bas l'alcool est moins chère que l'eau potable... Ca paraît incroyable, est pourtant c'est.
Imaginez son sentiment lorsqu'elle a vu, le soleil agressant son visage meurtri et les pieds dans une flaque d'eau boueuse, notre bus s'éloigner, et des signes d'adieu derrière les vitres...
Pauline