les 6 JA en mission et le Roi d'Issaba, personnage influent très sensible au respect des droits des enfants.
Mission Bénin - Impressions générales
Si je devais résumer en un mot ma mission terrain au Bénin, je dirais sans hésiter "
espoir". J'avais déjà foi en l'Unicef, mais en voyant à quel point les programmes sont pédagogues et à quel point la population locale est investie, je me dis que plus que jamais
nous pouvons faire changer les choses. Là bas, les jeunes autochtones s'investissent pour parler autour d'eux de sujets tabous tels que le VIH/Sida, il y a des animateurs communautaires qui préconisent l'allaitement maternel, des groupements de femmes qui bénéficient de microcrédits dans le but de constituer un pécule qui servira à la scolarisation de leurs enfants, et même des Rois qui encouragent l'utilisation de la moustiquaire la nuit pour lutter contre le paludisme, et encouragent la population locale à s'impliquer dans la lutte contre cette maladie, en mettant au point des sketchs de prévention dans la langue locale.
Ce qui m'a surpris, c'est de voir à quel point l'Unicef est connu par la population. Vêtus de nos uniformes aux couleurs de l'association, tout le monde se retournait sur notre passage pour nous saluer, mais aussi pour nous dire un grand merci. Je me souviens de notre visite dans un salon de coiffure qui employait des jeunes travailleurs, certains ayant été exploités puis réinsérés, où les coiffeurs
s'inclinaient en nous accueillant. Cela nous a parfois mis mal à l'aise, mais nous a surtout montré le décallage qu'il existait entre nos actions "à l'arrière" et les débouchées sur le terrain. Nous nous sommes vraiment rendus compte que si l'on met bout à bout toutes les initiatives, petites et grandes, on arrive à un résultat plus
qu'encourageant. Il reste bien sûr de la route à faire, il existe bien sûr des régions plus réticentes aux aides extérieures, mais les progrès sont rééls ! Le Bénin est un pays qui veut s'en sortir de lui-même, en évitant le piège de l'assistanat.
J'ai d'ailleurs été frappée par la
courage des locaux, qui acceptent de travailler dans des conditions loin d'être évidentes, alors que la plupart ont fait leurs études en France et qu'ils auraient une bien meilleure situation ailleurs. Je pense par exemple au CHU (Centre Hospitalier Universitaire) de Cotonou, le centre de soin de référence du Bénin, qui malgré les efforts entrepris reste lugubre, bruyant, vétuste. Je n'ai pu qu'admirer la
force mentale déployée par le personnel soigant, qui chaque jour est confronté à des malnutris, à des enfants vulnérables du fait du Sida ou infectés de toute autre maladie, alignés dans des lits aux barreaux de fer aggressifs, sous une couverture plus petite que leur corps menu. Cette visite était assez dure mais elle était nécessaire, elle nous a permis de nous rendre compte des progrès à réaliser en matière de santé. J'ai été énormément impressionée et émue par deux femmes séropositives qui ont témoigné devant nous à visage découvert, faisant fi de la stigmatisation, et nous ont parlé de leur réaction face à la maladie et de l'attitude de prévention qu'elles avaient adopté une fois enceinte, pour éviter de transmettre la maladie à leurs enfants. Le lendemain, lors de notre échange avec les
Jeunes Parlementaires Béninois, nous avons appris que le fils de l'une d'elle était présent. Il avait 17 ans, était engagé, gentil, drôle... et séropositif. Cela m'a fait mal de penser que quelqu'un qui se bat pour éviter aux autres de vivre ce qu'il vit lui, que quelqu'un d'aussi généreux et soucieux du bonheur des autres soit d'ores et déjà condamné.
Cette rencontre avec des jeunes plus aisés m'a encore une fois conforté dans l'idée que le Bénin est
un pays qui veut s'en sortir. En effet, parmi les Jeunes Parlementaires il y avait surement les futurs grands du pays, les futurs dirigeants, or ces jeunes faisaient preuve de beaucoup
d'empathie et de
courage, n'ayant pas peur de se confronter aux situations difficiles du pays :
- bas taux de scolarisation des filles,
- paludisme,
- exploitation des enfants,
- Sida...
L'Unicef développant des programmes dans tous ces domaines, il a été très intéressant de confronter nos points de vue.
Pauline