MISSION BENIN
Visite du centre pédiatrique de l'hôpital de référence du Bénin, à Cotonou
Après avoir été accueillis par le personnel soignant, nous avons été attentifs à deux témoignages de médiatrices de l'hôpital, c'est-à-dire des personnes qui s'occupent de sensibiliser les femmes au problème de la transmission du VIH/Sida de la mère à l'enfant. Il faut quand même bien comprendre que cela nécessite un courage énorme et une grande force de caractère, car témoigner à visage découvert de sa séropositivité est encore très mal vu au Bénin, où la stigmatisation est très présente.
Le premier témoignage que nous avons pu entendre était celui de Laurence, une femme séropositive qui a perdu son mari alors qu'elle était enceinte de 4 mois. Dès lors, sa belle famille lui a tourné le dos au lieu de l'aider, l'accusant même d'avoir tué son mari. Nous avons eu la chance de rencontrer son premier enfant lors d'une réunion avec les Enfants Parlementaires Béninois, et je n'arrive toujours pas à ma faire à l'idée qu'un garçon aussi gentil et engagé dans la lutte contre le Sida est condamné. Est-ce que nous, à leur place, nous agirions de la même façon? Sensibiliser les autres pour les empêcher d'être contaminés, cela ne guérit personne, et pourtant eux deux ont accepté d'afficher leur séropositivité pour venir en aide aux autres. Bel acte de courage, non?
Toujours est-il qu'après la naissance de ce premier enfant, Laurence s'est à nouveau trouvée enceinte. Alors informée du programme de Prévention de Transmission de la Mère à l'Enfant (PTME), elle a fait suivre sa grossesse. Lorsque son bébé est né, les médecins ont effectué des tests sérologiques pour connaître son état. Jusqu'à 12 mois, cet enfant était déclaré séropositif, au plus grand desespoir de sa mère. Heureusement, dès les 3 mois de l'enfant, les médecins ont envoyé de son sang en France pour effectuer les tests, il était en fait séronégatif.
Cela prouve que le Bénin manque encore de moyen dans le domaine de la santé. Toutefois, les femmes séropositives peuvent maintenant espérer fonder une famille sans craindre de transmettre le virus du Sida à leurs enfants, ce qui est un grand pas.




